Togo : Les députés expliquent aux citoyens les innovations majeures contenues dans la nouvelle constitution
Instruits par le Président Faure Gnassingbé d’aller écouter les populations et recueillir leurs propositions, en vue d’améliorer la nouvelle loi fondamentale, les députés sont depuis lundi dans les différentes villes du pays pour cet exercice. Avec les populations, les échanges ont tourné autour des bases juridiques d’un régime parlementaire et les nouvelles innovations, notamment la stabilité, l’équilibre des pouvoirs, la transparence et une plus grande représentativité du citoyen dans la prise des décisions.
La nouvelle constitution en lecture au parlement pourrait être enrichie des propositions pertinentes qui seront recueillies auprès des citoyens. C’est du moins ce qui est attendu après la tournée parlementaire de consultation des populations sur la nouvelle constitution. De l’avis des députés, conformément à la recommandation du Président de la République, ils sont sur le terrain pour expliquer la nouvelle loi en cours de relecture et exposer les grandes innovations attendues après son adoption. A la suite, les propositions recueillies seront étudiées, analysées, et éventuellement prises en compte dans la version finale du document.
Partout où ils sont passés, les députés ont eu des échanges avec des chefs traditionnels et des groupes constitués composés de femmes, des jeunes, des responsables de services et associations. Bref, les forces vives de la nation. La démarche s’est articulée autour de deux axes. Dans un premier temps, les députés expliquent ce qui a motivé la révision constitutionnelle en cours, les avantages du régime parlementaire, et en suite écouter les propositions et suggestions de leurs interlocuteurs.
S’agissant des raisons qui ont motivées l’initiative de la révision de la constitution, les parlementaires sont partis du constat selon lequel généralement les élections présidentielles riment avec les violences et les contentieux électoraux. Conscient que la paix est le socle de tout développement, il devient judicieux d’aller vers un régime politique plus souple et moins porteur de crise. Voilà qui motive le basculement au régime parlementaire, qui permettrait à l’État de réaliser des économies substantielles liées à l’organisation des élections présidentielles, tout en évitant les troubles socio-politiques souvent associés à ces scrutins. Les députés trouvent aussi que le régime parlementaire permet une redevabilité de l’exécutif, parce que dorénavant, le président du Conseil est redevable devant le parlement », a fait savoir le député Innocent Kagbara. Sur le registre du développement du pays, les députés ont fait comprendre que cette révision constitutionnelle permet la participation citoyenne et donne plus de marge à l’exécutif de s’atteler à la lutte contre la corruption
De l’avis général, quoique tardives, ces consultations sont à saluer en ce qu’elles ont amenés les députés à revenir vers la base pour expliquer la révision de la loi fondamentale actuellement en cours au parlement. Le souci exprimé partout est que la révision se fasse dans un climat apaisé de manière à ne pas porter préjudice au climat de paix qui règne dans le pays.
Vers un referendum ?
La consultation des populations ambitionne recueillir des suggestions et des contributions pertinentes susceptibles d’améliorer le document final, fait -on savoir. A la suite, un texte constitutionnel enrichi de propositions et des attentes des population sera élaboré. Ce document réélu et corrigé, devra être soumis au referendum pour plus de crédibilité au processus. Comme on le dit, la souveraineté appartient au peuple. « Il faut passer au référendum, que le peuple décide. S’il décide que oui, il veut aller dans un régime parlementaire, il aura décidé. S’il dit que non, il ne veut pas aller dans un régime parlementaire, il aura décidé, soutient l’avocat Degli Jean. Selon lui, les dirigeants ne peuvent pas à chaque fois tout décider à la place des populations.
Pour rappel, après le vote de la nouvelle constitution à l’assemblée nationale, le 25 mars dernier, des voix se sont élevées pour protester contre la réforme. Le Président de la République, par la suite, face à l’intérêt manifesté par les populations à l’égard de cette réforme majeure, a demandé une deuxième lecture du texte afin de prendre en compte les attentes des citoyens. Le dirigeant togolais aspire à un processus constitutionnel inclusif, prenant en compte les suggestions et contributions des parties prenantes de la société.
