PETROLEGATE / APPROVISIONNEMENT EN PRODUITS PÉTROLIERS : Tentative irrégulière de positionnement d’un nouvel acteur

Le secteur du pétrole se distingue des autres négoces par la complexité de ses transactions. Ne s’y aventure donc n’importe quel quidam renifleur du cash. Au Togo, l’approvisionnement du pays en produits pétrolier est confié à la Comité de Suivi des Fluctuations des Prix des Produits Pétroliers (CSFPPP) dont les membres se révèlent de véritables experts du domaine.

Qu’on les aime ou pas, les Adjakly et leurs collègues du CSFPPP ont su mettre en place un dispositif robuste permettant au pays de disposer permanemment des produits pétroliers de façon sécurisée sans que l’Etat togolais n’ai à sortir l’argent.  

Mais contre toute attente, après les tentatives infructueuses  de faire passer ces honnêtes citoyens pour des corrompus, la clique à la manœuvre rêve d’opérer un passage en force d’autant plus fracassant qu’il foule au pied les règles élémentaires de bienséance, de transparence et de bon sens.

Le stratagème mis en œuvre déshonore à plus d’un titre le pays. Car la lettre du ministre du Commerce, Kodjo Adédzé, adressée au Directeur Afrique de la Société VITOL S.A. l’informant d’une réforme du secteur de l’approvisionnement en produits pétroliers au Togo, trahit manifestement une intention pas très vertueuse.

Ensuite, la lettre indique qu’une nouvelle entité, la  « Société Togo Négoce Pétrole », est désormais « chargée de sécuriser les relâches et paiements des produits pétroliers livrés par les « Traders » dans le cadre des appels d’offres ».

Pour commencer, cette société selon le Centre de Formalités desEntreprises (CFE) a été créée et a débuté son activité le 09 octobre 2020 (fac -similé), soit 14 jours avant le dépôt du rapport provisoire de l’IGF au domicile du ministre Kodjo Adédzé.

C’est donc dire que les gens n’étaient pas encore formellement accusés que la société qui allait les remplacer était déjà créée.

Selon le ministre, le positionnement de  la Société Togo Négoce fait suite à une reforme opérée dans le secteur du Pétrole. On espère seulement que la réforme dont parle le Ministre a également prévue l’argent nécessaire pour pouvoir pré-payer désormais les produits que les traders vont livrer au Togo ?

Dans notre précédente édition, nous relevions que cette lettre du ministre Adédzé à VITOL Afrique pèche par son caractère insolite. Et ceci pour plusieurs raisons à savoir :

– L’opinion nationale attend toujours le dénouement du dopage médiatique appelé Petrolegate. Ce dossier toujours pendant devant la justice mérite que le verdict final soit connu afin de lever les accusations graves portés contre les mis en cause. Il faut donc le rétablissement de la vérité dans la cabale engagée contre les membres du CSFPPP injustement accusés de détournement de plusieurs centaines de milliards, avant de s’autoriser toutes actions tendant à bousculer le système efficient d’approvisionnement des produits mis en place par ceux que certains pécheurs en eau trouble veulent jeter en pâture.

– La grande curiosité est que le gouvernement n’a fait aucune communication sur le sujet. D’ailleurs le rapport d’audit brandi comme un trophée dans certains milieux mafieux comme le justificatif de la piteuse machination pour nuire à la réputation des membres du CSFPP, n’a pas produit l’effet escompté. Le gouvernement a fait savoir sa désapprobation et ne compte s’en fier.

Alors est-on en droit de se demander à quand remonte la fameuse réforme dont parle le ministre ? Peut-il avoir une réforme du secteur sans que le CSFPPP ne soit mis au courant ? Et quelles sont les autorités qui se sont concertées pour l’opérer ?

La chaîne d’approvisionnement du pétrole implique plusieurs acteurs. Outre le CSFPPP, les marketeurs et les traders jouent un rôle important dans le circuit. Si réforme il y a, cela ne saurait se faire en marge de ces composantes à moins que le Ministre de l’Economie et des finances, Sani Yaya, ait prévu dans son budget une ligne pour acheter les produits pétroliers.

Mais vouloir réformer en demandant à ce que l’argent des autres emprunte des circuits suspects, cela porte un autre nom mais certainement pas ‘’réforme’’.

Pour ceux qui n’ont pas compris, ça donne ceci aux bas mots :

1- Vous importez du riz de Thailand pour le vendre au Togo.

2- Le fournisseur vous dit : déposer moi mon argent chez tel monsieur.

3- Un jour vous recevez ou pire le Thaïlandais reçois un courrier du Ministre du Commerce qui dit :

a- J’ai créé une société avec des amis

b- désormais, il faut déposer votre argent entre les mains de la société de mes amis.

Quelle va être selon vous la réaction du Thaïlandais? 

«  Mais c’est quel pays ça? De quoi il se mêle? C’est son argent? ».

Voilà pourquoi nous sommes aussi étonné que le ministre Adédzé ait pu choisir ‘’miraculeusement’’  un opérateur qu’il pense imposer aussi facilement dans la chaîne d’approvisionnement.

De là à se demander à quand remonte l’appel à candidature ou d’offre pour le choix d’une nouvelle structure devant intervenir  dans l’approvisionnement régulier aux consommateurs togolais ?

Et étant donné que le ministre invite par conséquent VITOL S.A. à « prendre attache  avec » Kovi Adanbonou  « en vue d’une transition rapide et sans problème », faut-il en conclure que les nouveaux acteurs qu’on veut placer dans le secteur sont depuis longtemps  en ligne de mire ?

Le Togo qui poursuit sa marche inexorable vers l’Etat de droit et la transparence dans la gestion des affaires (avec la réalisation des objectifs du PND) mérite que ses commis s’illustrent positivement pour ne pas saper les efforts de redressement entrepris grâce au leadership du Président Faure.

A suivre…

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