Petrolegate/ Commande des produits pétroliers au Togo : La Société Togo Négoce Pétrole (TNP), C’EST QUOI ? QUI SE CACHE DERRIÈRE ?
Alors que l’affaire dite Pétrolegate est pendante devant les tribunaux et que des officiels du gouvernement insistent sur le fait que l’État ne commande pas les produits pétroliers et qu’aucune ligne n’est prévue dans le budget à cet effet, le contenu d’un courrier du ministre Adedzé à la société VITOL SA laisse pantois la rédaction de votre journal. La correspondance du ministre révèle la mise en service d’une société dénommée Société Togo Négoce Pétrole (TNP) qui sera désormais partie prenante dans la chaine d’approvisionnement des produits pétroliers. Une décision gouvernementale ou une démarche solitaire du ministre Adedzé ?
Le Comité de Suivi des Fluctuations des Prix des Produits Pétroliers (CSFPPP) n’’importe pas les produits pétroliers pour le compte du Togo car importer voudrait dire acheter et payer alors qu’aucune ligne dans le budget n’est prévue pour une telle opération. Le CSFPPP lance un appel d’offres qui est attribué au fournisseur le moins cher. Une fois attribué, ce dernier importe ses produits qu’il vend aux marketers locaux.
Aujourd’hui, le CSFPPP qui est logé dans l’enceinte du ministère du commerce est l’objet d’une dénonciation jugée calomnieuse de la part d’un journal de la place. Des allégations de détournement portées contre certains responsables du CSFPPP ne sont pas fondées. Puisque le journal L’alternative et son directeur de publication n’ont pu apporter les preuves idoines au tribunal. Rappelons que selon les Ministres Bawara et Trimua, cette affaire relève plus d’une fiction. Un fake news à la puissance giga, diraient d’autres personnes avisées.
En clair, aucune suite n’est encore envisagée au gouvernement en lien avec le Petrolegate. Mais aussi paradoxale que cela puisse paraitre, votre journal découvre avec ébahissement l’existence d’un courrier que le premier responsable du secteur du commerce aurait adressé au directeur Afrique de la société VITOL SA.
Le courrier heurte par son contenu suspect. Il indique que « suite à la réforme du secteur de l’approvisionnement du Togo en produits pétroliers, la Société Togo Négoce Pétrole (TNP), est désormais chargée de sécuriser les relâches et paiements des produits pétroliers livrés par les « Traders » dans le cadre des appels d’offres ». Le courrier continu en demandant qu’on contacte Monsieur Kovi ADANBOUNOU pour une transition rapide et sans problème.
A ce stade, inscrivons-nous dans le registre des faits:
1. Le Ministre Adédzé affirme qu’il y a eu un détournement de 500 milliards de fonds publics dans son département et pour ce fait demande un audit.
a. Le Gouvernement par la voie de son porte-parole a affirmé qu’il n’a jamais demandé un audit mais une réconciliation des données. Que cette mission a été menée à charge en violation des règles de déontologie minimale. Par ailleurs, un autre ministre du gouvernement déclare qu’il n’y a rien de plus faux dans cette affaire.
2. Le Ministre Adédzé écrit le 25 mars 2021 à un fournisseur en faisant référence à une réforme du secteur pétrolier et à une « société de droit privé » nommée TNP.
a. Le Gouvernement par la voie de son porte-parole a affirmé que le gouvernement réfléchissait et que le moment venu, il communiquerait.
• La réforme dont parle le Ministre Adédzé est-elle la réponse du gouvernement ?
• Comment se fait-il que personne ne semble être au courant de ladite réforme ?
• La fameuse réforme du Ministre Adédzé tente de positionner une société de droit privé comme société d’intermédiation. Si c’est une réforme gouvernementale, pourquoi la société TPN est-elle de droit privé ? Qui en sont les actionnaires ? Qu’elle est l’expérience de leurs dirigeants en matière de pétrole ? Monsieur Kovi ADANBOUNOU, maire d’Agoe 1, est-il spécialiste du pétrole ? A-t-il fait des études dans le pétrole où, est-ce que le Ministre Adedze pense que c’est à la portée du premier commerçant ? Ce sont autant de questions que nous nous posons.
Officiellement, le gouvernement n’a fait aucune communication récusant le dispositif d’approvisionnement existant jusqu’alors. Si le besoin se faisait sentir de procéder à un réajustement de la chaine de commande, nous pensons que cela ne saurait non plus se faire de façon cavalière mais via une procédure qui réponde à l’exigence de transparence.
Pour le cas de cette nouvelle société, qu’on tente d’introduire avec fracas dans la chaine d’approvisionnement des produits pétroliers, aucune trace de procédure légale conduisant à son choix n’est visible. Ça ressemble fort à un passage par effraction dont sont généralement coutumiers les « mafieux ».
Voilà des agissements qui tendent à donner raison aux mis en cause dans le Petrolegate, qui soutiennent que l’affaire est un complot ourdi pour non seulement nuire à leur personnalité mais aussi troubler l’eau dans le secteur.
Dans cette affaire dite Petrolegate, des ministres du gouvernement se sont prononcés sur le caractère invraisemblable des accusations portées contre des membres du CFSPPP. Pendant que des mains noires s’activaient à diffamer certains collaborateurs, dont l’expertise dans le secteur pétrolier a permis au pays de disposer d’un dispositif robuste et efficient en importation des produits pétroliers, les interventions de ces ministres ont remis les pendules à l’heure dans le dopage médiatique savamment orchestré pour valider l’agenda d’une clique. Il est loisible de rappeler qu’en lieu et place d’une « mission de contrôle et de réconciliation des données » demandé par le gouvernement, un audit fut commandité pour au finish accoucher d’un rapport non fiable. Le ministre Trimua, a eu à le signifier clairement, dans l’une de ses sorties. Il y a eu trop d’irrégularités dans le rapport produit par les inspecteurs, avait soutenu le ministre. « Le rapport n’a pas été fait dans les conditions acceptables, et naturellement, le gouvernement, n’en tirera aucune conclusion à l’étape actuelle ». Ce qui naturellement n’a pas reçu l’assentiment du gouvernement. Pour les mis en cause, les auditeurs ont fait un travail à charge de personnalités que l’on n’a même pas écoutées. En conséquence, les conclusions de l’audit sont jugées non fiables et l’expertise des auditeurs dans le secteur pétrolier, mis en doute.
