Colloque de Lomé sur les Transitions politiques : L’option de l’édification des sociétés paisibles et stables

Un colloque international sur les transitions politiques et l’extrémisme violent en Afrique, cas de l’Afrique de l’Ouest, s’est tenu à Lomé les 05 et 06 mars 2022, à Lomé. Organisé par le Togo, il a servi de cadre de  réflexions et  de partage d’expériences sur l’évolution des dynamiques sécuritaires en Afrique de l’Ouest ; les forces et faiblesses des différentes approches adoptées par les pays et les organisations internationales pour faire face aux menaces liées aux extrémismes violents et au terrorisme. A la suite des travaux, les experts ont  recommandé  le renforcement des stratégies de gouvernance politique et constitutionnelle dans la perspective de la prévention du phénomène de l’extrémisme violent dans les états » et d’autres  approches réalistes  de la gestion des transitions politiques.

Le Colloque international de Lomé sur la gestion des transitions politiques et le renforcement de la résilience face aux extrémismes violents en  l’Afrique de l’Ouest, s’est voulu un laboratoire d’analyse  des enjeux sécuritaires et politiques inhérents aux processus de transition. En tant que tel, il a permis de ressortir des approches endogènes et culturelles, dans les processus de transition des Etats et la mise en place au sein des instances décisionnelles « des centres d’intelligence et de réflexions stratégiques ». Saluant la pertinence des recommandations qui y ont été, le chef de la diplomatie togolaise, a laissé entendre que celles-ci constitueront la base de travail de la grande conférence internationale de Lomé sur les transitions politiques et la lutte contre le terrorisme au Sahel et en Afrique de l’Ouest, qui aura lieu le 21 avril prochain.

Résumées en cinq grandes lignes directrices, ces recommandations  présentées par  le rapporteur général du colloque, prof  Adama Kpodar,  misent sur le renforcement des stratégies de gouvernance économique et de développement pour bien réussir les transitions politiques et lutter efficacement contre l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest.

Le colloque recommande également « le renforcement de leurs stratégies de gouvernance politique et constitutionnelle dans la perspective de la prévention du phénomène de l’extrémisme violent dans les états ». En cas d’extrémisme violent durant les transitions politiques, a poursuivi le rapporteur général, le colloque recommande « une diversification de la collaboration avec tous les acteurs aussi bien nationaux qu’internationaux ». L’accent est mis à ce niveau sur le dialogue.

Par ailleurs, les experts conseillent de  « restructurer et de mettre en place des stratégies et des agendas au niveau des institutions internationales en phase avec les exigences politiques et économiques de la gouvernance des transitions ». Enfin, « la mise en place d’une collaboration transfrontalière entre les Etats en proie aux extrémismes violents dans le cadre de la gestion des transitions politiques » est vivement conseillée.

Le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, Prof Robert Dussey, a estimé que ces conclusions mettent à juste titre en exergue, outre le besoin de crédibiliser d’avantage nos institutions politique, le rôle essentiel de nos leaders religieux, de la société civile et les autres composantes de la société, les jeunes et les femmes notamment, dans les grandes réformes dans le cadre de la gestion de nos Etats ».

Ce colloque tenu  dans la capitale togolaise  sur les transitions politiques et la consolidation de la résilience est perçu comme une contribution du Togo à  l’édification de la paix et au renforcement de la stabilité en Afrique de l’Ouest. C’est en ce sens que les  réflexions   ont tourné au tour  de « paradigme sécuritaire et enjeux politiques », « défis contemporains à la lumière des derniers événements politiques et sécuritaires au Sahel et en Afrique de l’Ouest » et  les « transitions politiques au Sahel et en Afrique de l’Ouest.

Comme l’a précisé  Prof. Robert Dussey,  à  l’ouverture des travaux,  ce colloque international reste un rendez-vous d’exercice d’une pensée active structurante et tournée vers l’avenir. C’est  la dialectique de la théorie et de la pratique où la théorie fait corps avec la pratique dans une relation de codétermination et de présupposition réciproque. « Nous sommes ici dans un cadre d’élucidation, de compréhension et de conceptualisation de la pratique. Il s’agit du renforcement de la résilience face aux extrémismes violents dans une région à la croisée des chemins. Cet Agora qui est une sphère publique d’interaction communicationnelle pour apporter des solutions novatrices aux défis multiples et actuels liés au contexte d’insécurité sans cesse croissante dans chacun de nos pays ), a-t-il déclaré. Selon lui, en initiant ce colloque international, le Togo ambitionne non seulement d’interpeller le monde scientifique sur son rôle, sa place dans l’édification des sociétés paisibles et stables, mais aussi de recueillir des propositions concrètes et novatrices susceptibles de nourrir les réflexions dans le cadre d’une plus grande conférence prévue pour le  21 avril 2022 à Lomé.

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