Fixation sur la Présidentielle 2020 : L’ANC en mode divagation
La dernière sortie médiatique des responsables de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) portant sur l’arrêt rendu par Cour de justice de la CEDEAO, n’a pas été du goût des forces démocratiques. La raison est que Jean-Pierre Fabre et sa suite se sont focalisés sur des questions de peu d’intérêt voire inopportunes, au regard du contexte politique et social actuel.
La conférence de presse de l’ANC, le mercredi 13 avril 2022, avait pour centre d’intérêt la décision rendue par la Cour de justice de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à propos de la requête à lui introduite par Jean-Pierre Fabre, à la veille de l’élection présidentielle du 22 février 2020. L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) a donc convoqué la presse pour juste dénoncer le rejet de sa requête pour déficit de preuves par la Cour de justice de l’espace communautaire.
La vigueur avec lequelle le sujet a été abordée, amène à penser que rien ne semble actuellement plus préoccupant que la présidentielle de 2020, pour les responsables de l’ANC. Sinon, c’est assez regrettable que cette élection déjà rangée dans les tiroirs du passé de la mémoire collective, soit un élément sur lequel l’ANC s’attarde dans la situation actuelle marquée par la vie chère, les agitations dans le secteur de l’éducation et la restriction des espaces de liberté. Ce qui choque, c’est le fait que les questions existentielles soient occultées au profit d’un vieux contentieux relatif à une élection qu’on sait, fut un véritable fiasco électoral, avec un score minable de 4% des voix, pour l’ANC.
Les partisans du changement trouvent que le sujet abordé lors de la sortie médiatique de l’ANC, n’étaient pas celui adapté au contexte actuel. Parler d’autres sujets que ceux relatifs à la vie chère, les grèves des enseignants, les difficultés d’approvisionnent en eau potable, la pauvreté ambiante dans le pays etc., s’apparente à du mépris voire l’insensibilité face aux souffrances des populations qu’on prétend affranchir de l’ordre ancien. De ce fait, l’ANC a bien raté le coche en s’accrochant à un sujet de moindre importance, et qui plus n’est pas à l’ordre du jour dans le débat politique du moment.
Le grief de l’ANC sur lequel la Cour de justice de la CEDEAO a récemment statué à Accra, porte sur une prétendue illégalité de la composition de la Cour constitutionnelle du Togo au moment de la présidentielle de 2020. Dans sa décision rendue le mardi 22 mars 2022 à Accra (Ghana) relative à la première requête du candidat Jean-Pierre FABRE au sujet de l’illégalité de la composition de la Cour constitutionnelle, la Cour de justice de la CEDEAO, s’est déclaré parfaitement compétente pour connaître du litige mais a estimé que le requérant n’a pas apporté la preuve de préjudices directs et personnels, subis du fait de la composition de ladite Cour Constitutionnelle togolaise et a rejeté la requête du candidat Jean-Pierre FABRE », mentionne le dossier de presse remis aux journaliste.
Une autre requête introduite toujours par l’ANC, est en étude à la Cour. Cette dernière porte sur la demande d’invalidation de la candidature du Chef d’Etat togolais, Faure Gnassingbé, candidat à sa propre succession pour « un 4ème mandat présidentiel nonobstant la limite à deux mandats prévue par la Constitution de la République Togolaise ».
Somme toute, le moment n’est pas propice à la divagation. Les togolais attendent des acteurs politiques des pistes de solution aux sérieux problèmes de l’heure. Toute sortie médiatique qui n’apporte pas une valeur ajouté à l’amélioration du vécu quotidien, n’est que distraction. Les populations ont les yeux rouges pour qu’on les énerve encore avec des sujets « farfelus ».
