Un an de « gouverner Autrement » de Mme Tommegah-Dogbe : Rien que des annonces
Nommée Cheffe du gouvernement le 28 septembre 2020, Mme Victoire Sidémého Tomégah-Dogbé vient de boucler un an à la Primature. Femme de développement, comme aiment l’appeler ses admirateurs, le premier ministre avait fait comprendre que sa vision est tourner vers le changement de paradigme, à travers le fameux « Gouverner autrement ». Un an après l’euphorie de la célébration du leadership féminin, car première femme cheffe de gouvernement de l’histoire du Togo, le constat est que « gouverner autrement » peine à obtenir des résultats au profit des populations togolaises. Mieux, la lutte promise contre les vulnérabilités dans le pays n’est pas encore gagnée.
Vie chère, pauvreté, manque de scanners dans les hôpitaux, dégradation du plateau technique, effectifs surréalistes dans les salles de classes, manque d’eau potable dans certaines régions du pays, non payement de la gratification exceptionnelle promise aux enseignants. La liste est interminable. Ce sont entre autres les vulnérabilités qui ont toujours la peau dure dans le pays. Et pourtant, le Premier ministre Tomegah- Dogbé dit être permanemment à l’œuvre pour changer le quotidien des Togolais.
Au lendemain de sa nomination au poste de Premier ministre, Mme Tomegah-Dogbé a laissé entendre qu’elle va œuvrer au profit des populations en relevant les défis économiques, sociaux, et sanitaires. Hélas, celle qui se vante de bien connaitre le pays pour l’avoir sillonner, ne parvient pas à répondre efficacement aux attentes des populations qui demandent que l’Etat mette à leur disposition des infrastructures socioéconomiques de base. A titre d’exemple, dans la région des savanes et même dans des localités à quelques kilomètres de la capitale, l’eau est toujours une denrée rare. Les populations continuent de s’approvisionner en eau grâce aux marres et autres marigots, dans des conditions hygiéniques épouvantables.
Sur le plan sanitaire, il est de plus en plus fait cas de la décrépitude du plateau technique dans les hôpitaux, et le tout dans un contexte de démotivation du personnel soignant. Dans ces conditions, les patients voient les centres de santé comme des mouroirs. C’est aussi une évidence que le manque de scanner dans les hôpitaux publics ne permet pas d’établir un diagnostic approfondi des pathologies. Surtout à l’intérieur du pays, tout cas nécessitant un examen au scanner, est transféré dans un hôpital d’un pays voisin. Il est inutile de rappeler que les infrastructures et les équipements ne cessent aussi de craquer à tour de rôle dans certains centres hospitaliers, notamment au CHU sylvanus Olympio de Lomé. C’est dans ses difficultés que la vie chère continue de dicter sa loi à la population.
A Lomé comme dans l’ensemble du pays, la vie chère se manifeste par la flambée des prix des produits de première nécessité. Le gouvernement tente de renverser la tendance, mais sans succès. Les interventions ne sont pas conséquentes pour juguler le phénomène.
D’aucuns diront que « Gouverner autrement », ne portent pas encore les fruits escomptés. Il est vrai que la crise sanitaire a sérieusement affecté le développement des secteurs vitaux du pays, mais il y a lieu de reconnaitre aussi que le Premier ministre a manqué de perspicacité dans ses approches. Au lieu de mettre en œuvre des actions vigoureuses pour apporter des solutions aux divers problèmes, c’est tout un chapelet de bonnes intentions qu’on ne cesse de dérouler en boucle sur les medias. Des accords, des annonces de projets, des propositions de sortie de crise, des validations d’études. Bref des slogans. Comme si cela ne suffisait pas pour assommer une population affaiblie par les difficultés de la vie, on décide de lui « faire peur ». Voilà le bilan des 365 jours de « gouverner autrement ».
Cependant, avec un peu d’amour pour la population togolaise pas très exigeante, dame Tomegah-Dogbé peut faire mieux pour les populations. Chercher des financements pour acquérir des scanners, sortir les populations de l’extrême pauvreté, assurer une meilleure santé et une meilleure éducation aux enfants, voilà quelques pistes qui pourront aider la dame de la république à marquer positivement son passage à la Primature.
