COVID 19/Résurgence des contaminations et des décès : L’Etat d’urgence sanitaire prorogé
Arrivé une nouvelle fois à terme, l’Etat d’urgence sanitaire a été de nouveau reconduit au Togo pour douze mois. Un vote en séance plénière à l’hémicycle a autorisé le gouvernement à maintenir l’Etat d’urgence sanitaire, ainsi que le délai d’habilitation du gouvernement à prendre par ordonnances, les mesures relevant du domaine de la loi. Pour Victoire Tomégah Dogbé, face à la situation actuelle de la pandémie, il était important d’obtenir l’aval des députés pour une telle prorogation. Ceci afin de permettre au gouvernement de disposer de l’ensemble des outils juridiques lui permettant de prendre les mesures nécessaires face à la pandémie.
Le constat aujourd’hui est que la situation est alarmante. Résurgence de la maladie avec une flambée de contamination et de décès, malgré les efforts pour vacciner les populations. Les chiffres continuent de grimper exigeant la prise de nouvelles mesures pour contrer la progression des cas. Or la dernière autorisation de prorogation, intervenue en mars dernier, est arrivée à terme. Pour agir, le gouvernement a sollicité et obtenu des députés, mardi 14 septembre 2021, une autorisation de prorogation de l’Etat d’urgence et du délai d’habilitation du gouvernement à prendre par ordonnances, les mesures relevant du domaine de la loi. Ces deux lois vont permettre à l’exécutif de gérer encore mieux la riposte à la pandémie mais aussi de réagir avec promptitude et efficacité devant des situations préoccupantes.
Pour Mme Victoire Tomégah-Dogbé, la situation actuelle du Covid-19 dans le pays ne prête guère à l’optimisme. Ainsi, le gouvernement va être obligé de prendre des mesures difficiles pour endiguer la nouvelle vague de contamination au Coronavirus.
« L’adoption de ce texte marque la nécessité pour le gouvernement de disposer de l’ensemble des outils juridiques pour faire face à la situation que nous traversons. Nous avons agi avec pédagogie et nous avons tous vu ce que ça a donné. Nous sommes obligés de passer à une autre stratégie pour être beaucoup plus agressifs. Nous devons commencer par faire peur et responsabiliser la population », a-t-elle laissé entendre avant de revenir à la charge et de marteler qu’il s’agit là, d’un moment important de l’histoire du Togo et d’insister sur la responsabilité de chaque Togolais à adhérer aux mesures du gouvernement, seule voix selon elle, par laquelle réside le salut du pays. “En prenant ses responsabilités, le gouvernement entend protéger le plus grand nombre”, car personne ne sera laissé de côté face à la situation de crise sanitaire que nous traversons”, a déclaré la cheffe du Gouvernement, avant d’appeler à un “sursaut patriotique individuel et collectif”.
A ce jour, quelques 450.000 Togolais et Togolaises ont été déjà vaccinés, selon le Premier ministre. Et pour la seule journée du 14 septembre dernier, 31.668 personnes ont reçu un vaccin anti covid. A ce rythme, a confié Mme Victoire Tomégah-Dogbé devant les députés, «… nous dépasserons plus d’un million de vaccinés d’ici fin décembre 2021. ». Elle appelle donc à « maintenir le cap, voire à accélérer ».
Polémique autour de « faire peur »
Tout en exhortant à la vaccination, seul moyen “d’atteindre plus vite le seuil d’immunité collective”, le premier ministre a aussi fait savoir que la stratégie de mobilisation va consister à « commencer par faire peur (…). Le Togo ne doit perdre aucune dose des vaccins qui nous ont coûté autour de 20 milliards de francs CFA ». Ces propos du Premier ministre devant l’Assemblée nationale, sont à ont engendré une polémique. Sur les réseaux sociaux et dans les débats, la Cheffe du gouvernement est vertement critiquée. Ses pourfendeurs l’accusent de vouloir administrer des « vaccins périmés à la population». Erreur de compréhension, pense pour sa part le Porte-parole du gouvernement, Prof Akodah AYEWOUADAN. Le ministre AYEWOUADAN estime qu’« il faut arrêter de transformer les propos du Premier ministre. Il faut que les uns et les autres arrêtent de les faire sortir de leur contexte dans le but de désinformer la population. Les propos de Mme le Premier ministre étaient très simples et très clairs. Le Premier ministre dit plutôt que nous devons tout faire pour éviter de perdre des vaccins par péremption, à aucun moment, elle n’a affirmé qu’on allait inoculer des vaccins périmés à nos concitoyens. Il suffit de réécouter la transcription des échanges complète des débats pour saisir le sens de la pensée du Premier ministre », a martelé le ministre de la Communication et des Médias.
