Gouvernance sécuritaire au Togo : Bruno HADEN préconise la mobilisation des acteurs décentralisés
Le Secrétaire Général de l’ACAT TOGO, Bruno HADEN, livre, dans une tribune, quelques pistes devant permettre une gestion plus efficiente de la sécurité au Togo. A la place de la sécurité imposée d’en haut, il suggère de construire une sécurité humaine impliquant les acteurs décentralisés. Car, selon lui, investir dans une sécurité humaine décentralisée, c’est investir dans la paix durable, la cohésion sociale et la confiance citoyenne.
Expert, consultant, formateur en surveillance, documentation et rapportage des violations des droits humains, l’auteur de la tribune estime que la sécurité imposée d’en haut, centralisée et distante des réalités locales, échoue trop souvent à protéger et à rassurer la population. Il faut, selon lui,mobiliser lesacteurs décentralisés dans la gouvernance sécuritaire au Togo. Cela passera par un rapprochement des citoyens du pouvoir de décision. De ce point de vue, la sécurité se transforme en un bien collectif partagé, plutôt qu’une simple mission imposée par l’Etat.
L’idée défendue par Bruno HADEN appelle à impliquer les
collectivités locales, la société civile et les médias dans la conception et la
mise en œuvre des politiques sécuritaires, parce que la sécurité n’est pas
seulement l’apanage des forces de défense et de sécurité. « Aujourd’hui,
force est de constater que la sécurité imposée d’en haut, centralisée et
distante des réalités locales, échoue trop souvent à protéger et à rassurer la
population. Les tensions communautaires, les conflits fonciers, les violences
urbaines ou rurales ne peuvent être résolus uniquement par la
contrainte », a-t-il indiqué.
Il parle alors de la sécurité humaine qui engloberait également des dimensions
essentielles du quotidien : la sécurité économique liée à l’accès à un revenu
et à l’emploi ; la sécurité alimentaire, une alimentation suffisante et durable
; la sécurité sanitaire, fondée sur l’accès aux soins et la prévention des
crises de santé.
Enfin, elle intègre la sécurité environnementale, face aux catastrophes naturelles, à la dégradation de l’environnement et aux effets du changement climatique. C’est cette approche, centrée sur l’humain qui doit guider la gouvernance sécuritaire au Togo et dans toute société démocratique. A ce niveau, il trouve que la décentralisation pourra être un socle fiable pour soutenir cette approche. « C’est ici que la décentralisation devient un levier stratégique pour la sécurité humaine.
En rapprochant le pouvoir de décision des citoyens, en responsabilisant les collectivités locales et en impliquant la société civile dans la conception et la mise en œuvre des politiques sécuritaires, la décentralisation transforme la sécurité en un bien collectif partagé, plutôt qu’une simple mission imposée par l’Etat , soutient Bruno HADEN. La démarche incite à une gestion de la sécurité qui implique les citoyens formés sur la thématique et comprenant les décisions locales en matière de sécurité, dont la finalité est de renforcer la confiance et l’adhésion collective. « Les élus, les administrations communales, les acteurs communautaires doivent être formés à la gestion sécuritaire, à la prévention des conflits et à la médiation sociale, afin d’agir efficacement sur le terrain ».
Solim
