Sécurité routière: La surcharge dégrade dangereusement les infrastructures routières
Elément important pour le développement économique d’un pays, la route offre des possibilités de transport de passagers mais aussi de marchandises. Ce rôle vital de la route amène les Etats à consacrer d’importantes ressources pour sa construction et son entretien. Malheureusement, des actes repréhensibles de certains usagers contribuent à la dégradation précoce des routes. Surtout la surcharge, dont les effets négatifs sur la route menacent dangereusement la sécurité des conducteurs et de tous les usagers, car les risques d’accidents sont considérablement élevés.
Rouler en toute sécurité et arriver à destination sans entraves, c’est le souhait de tout usager de la route. La commodité de la circulation implique incontestablement un bon état celle-ci. Ce qui fait que dans chaque pays, le pouvoir public injecte des fonds dans la construction de routes de qualité mais également dans l’entretien du patrimoine routier. Bien que des efforts sont continuellement faits par les services publics pour maintenir les axes routiers en état, des usagers ne cessent aussi de causer des dommages aux routes, à travers des pratiques dommageables.
Selon les spécialistes de la sécurité routière, la surcharge constitue le principal goulot d’étranglement dans le maintient en bon état du réseau routier. Au Togo, il est établi que les routes subissent des dégradations précoces souvent liées aux surcharges des camions transporteurs des marchandises qui desservent toutes les régions du territoire national et d’autres pays de la sous-région. Une étude a été même commanditée à ce propos. L’étude montre à quel point l’incivisme ou à l’entêtement des usagers de la route par leurs surcharges dégradent précocement les routes, malgré l’existence des textes nationaux et communautaires de l’UEMOA.
La surcharge consiste à charger les véhicules au-delà de leur capacité règlementaire. Cette pratique met les véhicules dans un état de stabilité précaire du fait de la déformation des châssis affectant alors l’état mécanique des engins. Un camion en surcharge est potentiellement dangereux et source d’insécurité sur la route. Il contribue à l’affaissement de la chaussée, déformant l’état de nivellement de la route. Dans un tel état, une fine pluie ou une agression de la chaussée par un objet suffit pour créer un nid de poule. Si l’on sait qu’ils sont nombreux ces transporteurs aux pratiques inciviques sur les routes, il y a lieu de penser à un accroissement des risques de dégradation des axes.
Construites pour durer entre 15 à 20 ans, les routes se dégradent rapidement au bout de 5 ans à cause des diverses agressions sus mentionnées, principalement la surcharge à l’essieu des véhicules lourds de transport de marchandises C’est en ce sens qu’il faut en appeler au bon sens du transporteur, un professionnel responsable, soucieux du bon état de son véhicule et des infrastructures routières, et l’inviter à se départir de la surcharge.
Connaitre le Règlement 14.
Pour lutter contre les surcharges, première cause de dégradation prématurée des infrastructures routières construites à coups de milliards FCFA, les chefs d’Etats et de gouvernements de l’UEMOA ont adopté, en 2005, le Règlement n° 14/2005/CM/UEMOA relatif à l’harmonisation des normes et des procédures du contrôle du gabarit, du poids, et de la charge à l’essieu des véhicules lourds de transport de marchandises dans les États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Ce mécanisme vise à lutter contre la surcharge des véhicules poids lourds de transport de marchandises. Sur le plan pratique, des postes de pesage sont installés sur les corridors de manière à renforcer le dispositif de contrôle des camions routiers circulant entre les différents pays de la sous-région. Le Togo, partie prenante du Règlement 14, dispose de postes de pesages et de contrôle des charges à l’essieu au Port Autonome de Lomé et à Djéréhouyé.
Il est aussi demandé aux Etats de procéder au contrôle sur route mobile d’une façon inopinée. Ceci afin de contrôler le respect des normes édictées par le Règlement 14, pour les véhicules qui ne sont pas interceptés au niveau d’un poste fixe.
Ce règlement prévoit des sanctions contre tout transporteur ou conducteur de véhicule lourd de transport de marchandises qui enfreint les dispositions. Toute surcharge constatée au-delà des limites fixées par le R14 est passible d’une amende, calculée sur la base de 20 000 FCFA par tonne supplémentaire en transport national et 60 000 FCFA par tonne supplémentaire en transport inter-Etat ».
