Transgression et déviance : L’orientation sexuelle de Woudatou Ouro-Adam choque sa communauté

Les réactions hostiles contre l’homosexualité se font de plus en plus écho en Afrique, où la religion et les coutumes surplombent la vie de la société. Toute personne qui veut s’inscrire en dehors des normes sociales établies, se place dès lors dans une logique de transgression avec ce que cela implique comme représailles. La jeune dame Woudatou Ouro-Adam l’a d’ailleurs appris à ses dépens, elle qui s’est donnée la liberté d’aller dans les pratiques sexuelles à l’inverse dans une société fortement islamisé et très homophobe.

L’Afrique est souvent montrée du doigt par des organismes internationales pour les mauvais traitements que les personnes homosexuelles subissent. Généralement, lorsqu’une personne est suspectée d’orientation sexuelle contraire à la normale, des faits de violence et de drames pèsent sur sa tête. C’est le cas de dame Woudatou Ouro-Adam dans le village de Salinde à Sokodé. La jeune dame subit des menaces d’agression de viols correctifs voire d’assassinat parce qu’ayant une vie sexuelle jugée déviante et attentatoire aux bonnes mœurs. Et Woudatou Ouro -Adam en a frôlé pire. Le fait est que dans la plupart des traditions africaines, les relations intimes entre des personnes de même sexe relèvent de l’ abomination. Ainsi, les personnes qui s’adonnent à l’homosexualité constituent des menaces pour la société. Car on considère qu’ils exerceraient une influence négative au sein de la communauté et donc leur neutralisation s’apparente à faire œuvre utile. Voila ce qui légitime et place les actes homophobes dans une dynamique vertueuse fortement encouragée.

Dans un tel environnement hostile à l’homosexualité, dame Woudatou Ouro-Adam ne peut vivre sans crainte. Elle, dont l’orientation sexuelle contraste avec la norme, est devenue la cible aussi bien de redoutables salafistes mais aussi des conservateurs qui pensent toujours que la pratique de l’homosexualité fera descendre des malheurs sur la localité.     

La vie sociale d’un homosexuel n’est pas du tout aisée. La marginalisation commencera au sein même de la famille nucléaire. Dans l’entourage immédiat de dame Woudatou, l’intolérance est à son paroxysme. Certains membres de sa famille n’acceptent pas la pratique de l’homosexualité considérée comme un style de vie diabolique. ce qui fait que le quotidien de Woudatou rime avec des injures, des brimades voire des intentions de mariage forcé avec un redoutable marabout qui parviendrait à enlever la pratique du corps par des procédées mystiques. Certaines de ses amies d’enfance ont même cessé de lui adresser la parole. Ces dernières ne veulent pas être prises pour cibles, surtout que la jeune dame est lesbienne. Toute fille en de bon terme avec la dame est alors supposée être la partenaire sexuelle. Logiquement donc , les parents ne peuvent qu’interdire la fréquentation de Woudatou à leur progéniture. Des intentions d’élimination ne sont pas à écartées dans la mesure où Woudatou a souvent été victime d’agressions verbales et des menaces voilées d’assassinat contre sa personne.

L’on apprend que dame Woudatou Ouro-Adam aurait quitté son village Sokodé   pour une destination inconnue, après un court séjour à Lomé chez sa tante. La tante n’aurait pas du tout accepté abriter une lesbienne sous toit. Ce serait accueillir le démon dans la maison, explique-t-on.

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