Démocratie en Afrique de l’Ouest : Le FCTD conjure ’’la sorcellerie constitutionnelle’’ 

Quelle stratégie pour une démocratie ouest africaine consolidée ? C’est autour  de cette problématique que le Front  Citoyen Togo Debout FCTD  tente  de remobiliser l’opinion afin  de soutenir la démocratisation et une meilleure gouvernance dans la sous-région. Au cours d’  un atelier régional, le 17  décembre dernier,  à Lomé, d’imminents juristes ,  acteurs  de la  société  civile, des artistes  et des  journalistes ont  noté que des  astuces juridico  -politiques sont   constamment  mises en œuvre pour éventrer la démocratie  en Afrique  de l’ouest. Il s’agit  de  la sorcellerie  constitutionnelle. Il faut alors mettre en place une force citoyenne internationale pour combattre le fléau.      

La régression démocratique constatée ces derniers moments  en Afrique  de l’ouest,  inquiète  les bonnes consciences qui militent pour une culture  de la bonne  gouvernance  et de l’alternance  politique   dans les  Etats. Car  l’érosion démocratique  est   facteurs d’instabilité et d’insécurité. Le Front Citoyen Togo Debout, un mouvement citoyen pro  démocratie, veut  remobiliser  les  populations pour l’édification d’un cadre   de  gouvernance politique régional  démocratique indispensable au  développement   et  à l’Etat de droit    .  De  ce fait, l’atelier organisé   samedi dernier,  a  permis  aux participants de   se  rendre   à l’évidence  de  comment la  gouvernance politique peut  entraver la  consolidation  de  la  démocratie. 

Les intervenants  se  sont appesantis  sur le  rôle  trouble que jouent  les  juges constitutionnels dans  les  changements constitutionnels   et  lors des processus électoraux. Sur  cet aspect, le Professeur Dabiré Samson,  intervenant par visioconférence depuis Ouagadougou, a pointé du doigt la prostitution des  institutions de l’Etat, notamment  la caporalisation  des Cours  constitutionnelles.  Ce faisant, les juges  constitutionnels  cessent  d’être  au service du peuple et s’acoquinent avec des dictateurs  pour des tripatouillages des constitutions à des  fins des mandats  de trop.  L’exemple  des reformes en Guinée qui ont permis  à Alpha Condé  de forcer un troisième  mandat, a été évoqué. Il est constaté que  les  conséquences de cette forfaiture  ont été des plus tragiques.  En voilà une manifestation de   la sorcellerie constitutionnelle.

La  sorcellerie  étant une pratique nuisible préjudiciable à l’épanouissement des   peuples,   il devient  primordial pour   les juges  constitutionnels de  s’en écarter pour  devenir  l’incarnation  de  l’Etat   de  droit, à  l’instar des  juges  kenyans   qui ont courageusement  refuser de se rendre  complices d’un hold  up électoral dans  leur pays.  Prof Dabiré recommande également aux juges constitutionnels  des postures de garants de la démocratie, en citant l’exemple de la Cour constitutionnelle centrafricaine ayant  débouté  et annulé  les décisions du comité  de  rédaction de la  constitution  mis  en  place  par  le  Président Touadera. 

Pour Prof  David  Dosseh  du FCTD, une synergie d’action des Osc pourra aider  à   consolider  la démocratie e Afrique de l’Ouest. Les actions devraient permettre l’élargissement de l’espace publique de manière  à mettre  fin  au  déséquilibre de l’environnement politique dû   aux  lois liberticides, l’instrumentalisation politique et des régimes d’exception.  Il  a aussi  insisté  sur la limitation du mandat présidentiel, tout en  saluant le mouvement  Tournons  la  page. Selon lui, une synergie d’action impliquant  les  medias, les artistes,  les osc  et  les sportifs sera très efficace pour empêcher la sorcellerie constitutionnelle.

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