Petrolegate / Gros canular : Quand deux Ministres montrent la voie à leur collègue Adédzé Kodjo

Le Comité de Suivi et de Fluctuation des Prix des Produits Pétroliers(CSFPPP), l’institution chargée de l’approvisionnement des produits pétroliers au Togo, fait l’objet depuis quelques moments  d’accusations graves de dysfonctionnement. Le confrère L’Alternative à l’origine de ces révélations a même cité quelques noms de certains membres de ce comité comme ayant détourné des centaines de milliards de nos francs. Contre toute attente, le ministre du commerce Adédzé Kodjo, président du CSFPPP, est resté muet devant les graves accusations portées contre le Comité qu’il préside. Le ministre s’est donc montré incapable de prendre des initiatives pour faire la lumière sur les accusations graves qui entachent la réputation du comité. C’est finalement deux ministres du gouvernement  qui parviendront à démêler l’ivraie du vrai sur cette affaire qui va se révéler plus tard une véritable machination téléguidée depuis des officines insondables.

Le plus gros canular de l’espace médiatique togolais, reste incontestablement le fameux dossier dit  Petrolegate, en allusion aux allégations de détournement de près de cinq cents milliards dont se serait rendu coupable l’un des responsables du Comité de Suivi et de Fluctuation des Prix des Produits Pétroliers(CSFPPP).

Cette affaire qui a fait grand bruit dans l’opinion, parce que tambourinée à dessein, est encore pendante devant la Cour d’appel de Lomé. Mais, par la force des choses, l’on sait aujourd’hui que c’est une affaire qui ne méritait même pas qu’on lui accorde  une attention.

Notre confrère L’Alternative et son directeur de publication ayant été condamnés  en diffamation en première instance faute de preuves pour justifier les accusations ou allégations.

Cependant, l’exploit vient de deux ministres de la République, qui par leurs interventions lors des émissions dans certains médias sur le sujet qui défrayait la chronique, ont su apporter des éclaircissements sur le sujet. Sans attendre donc qu’on les supplie,  les deux officiels  se sont rendus utiles à la Nation toute entière, en abordant le sujet du supposé détournement allégué par le journal L’Alternative. Des interventions qui ont eu le mérite de déjouer la manipulation des masses, d’éclairer les lanternes  et avec en ligne de mire des pourfendeurs du CSFPPP.

Logiquement, cette tâche d’éclairage sur l’affaire incombait au ministre du commerce Adédzé Kodjo. En sa qualité de Président du CSFPPP, il lui revenait de s’expliquer sur l’affaire. Surtout qu’on évoque une somme astronomique qu’auraient pris par devers eux certains membres du comité qu’il préside, et même son prédécesseur Mme Legzim Balouki, le bon sens et l’obligation de la reddition des comptes exigeaient de lui, d’apporter des éclaircissements ou du moins un démenti. Que nenni.  Monsieur Adedzé a  plutôt fait l’option de briller par le silence. Dans une telle posture, c’est la confusion qui est venue en rajouter à la situation déjà  labyrinthique. Plus curieux, le ministre Adédzé dit avoir commandité un audit du secteur pétrolier pour mieux apprécier la situation. Mais malheureusement,  bien qu’en possession des conclusions de l’audit (le premier d’ailleurs puisque ledit rapport lui fut déposé à son domicile un vendredi soir), le ministre Adedzé se fait toujours avare de mots pour renseigner l’opinion sur les maux dont souffrirait le CSFPPP.  

Dans ce mélimélo où tout semble être fait pour entretenir le flou, le ministre Gilbert  Bawara parviendra à lever un coin du voile de l’affaire. Dans une intervention sur la chaine New World TV, le ministre Bawara dira que le dossier est invraisemblable. Rien de cela ne peut être possible, avait affirmé le ministre Bawara. Une position qui conforte celle du Conseil des mis en cause qui soutient toujours que le Petrolegate est un fakenews à la puissance giga.

 Le fameux rapport d’audit

La curiosité dans ce chapitre est le canal de transmission du rapport provisoire d’un audit commandité par le ministère. Nous avons eu à révéler que les mis en cause ont dénoncé le travail fait par les auditeurs. Avant de revenir sur cet aspect,  il sied de préciser que le rapport provisoire d’audit fut déposé au domicile du ministre un vendredi soir. Extraordinaire n’est-ce pas ? Or dans le fonctionnement normal des institutions, cela frise une anomalie. Mais au ministère du commerce, on semble s’en accommoder.

Aussi grave, le rapport provisoire d’audit déposé au domicile du ministre, finira par être aperçu sur les réseaux sociaux. Il est vrai que ce sont que quelques extraits  du  document qui ont fuité. Est-il dit que sa quintessence est apparue sur la place publique avant que les mis en cause n’en prennent connaissance.  Que vise-t-on en procédant ainsi ? Bien malin qui saura répondre.

Mais, tout comme les mis en cause l’ont constaté et décrié,  le fameux rapport provisoire ne va pas épater. Le ministre Christian Trimua dans une émission sur une radio de la place dira que « quand vous regardez les conditions dans lesquelles la procédure a été menée, qui a été contestée et qui met en place aujourd’hui ce rapport dit provisoire, ne peut servir, ne peut documenter aucune procédure ni aucune action. Le gouvernement ne peut communiquer sur un rapport de cette nature fait dans les conditions que nous sommes en train d’évoquer ». Autrement dit, le ministre Trimua ne le trouve pas fiable et susceptible de renseigner.   Pour preuve, nos confrères du journal Symphonie l’ont relevé dans leur parution N°181 du 29 /03/2021 et repris par le site afrikdepeche.com du même jour.

Pour nos lecteurs, nous reprenons ici le chapeau de l’article de nos confrères du site afrikdepeche.com : « Voilà qui tombe tel un couperet, battant en brèche tout le travail abattu par la Direction générale du trésor, appuyée par l’Inspection générale des finances. Ces deux organes ont récemment déposé un rapport présenté comme les conclusions d’un audit commandé par le gouvernement destiné à faire la lumière sur le scandaleux pétrolegate. Dans ledit rapport, la couronne d’accusés est posée avec fracas sur la tête de plusieurs personnalités appelées à justifier ou à rembourser des sommes mirifiques qui filent le vertige. Pour l’un des porte-parole du gouvernement, le ministre Christian Trimua, aucun crédit ne peut être accordé à ce fameux rapport, produit dans des conditions qui violent toutes les dispositions procédurales ».

 Ainsi dit, les auditeurs auraient  mené l’enquête dans une ambiance sujette à caution.  Selon le ministre Christian Trimua, il aurait été professionnel que les auditeurs écoutent comme cela se devait et tranquillement les concernés surtout qu’il semble qu’ils ne soient pas des professionnels du domaine pétrolier.

« Dans une procédure de cette nature, vous devez interroger les acteurs concernés, leur demander la documentation, leur laisser le temps de la réponse, c’est ce qu’on appelle la contradiction dans les éléments qui sont faits et à partir de ce schéma quand vous produisez un rapport dit provisoire, le rapport provisoire leur est adressé, jusque-là, la procédure n’est pas publique. Ils répondent à leur rapport, donnent les éléments d’explication que vous leur demandez, si vous êtes satisfaits, vous les prenez, si vous n’êtes pas satisfaits, vous les contestez. Et c’est à la fin du rapport final effectivement sur les conclusions du rapport final qu’une action est possible. Il se trouve que sur ce rapport provisoire qui a été fait dans les conditions que je viens d’évoquer sans respect des règles naturelles de cet exercice, sans respect du droit de la défense des uns ni de la contradiction qu’il faut, avant même que le rapport n’ait fait l’objet d’une restitution à ceux qui l’ont demandé, le rapport était sur la place publique sur les réseaux sociaux. Dans quelles conditions ce rapport a été publié sur les réseaux sociaux, avec les commentaires qu’on avait, avec des personnalités qui n’ont même pas eu l’occasion de s’expliquer sur le rapport. Donc au fond, quand vous regardez les conditions dans lesquelles la procédure a été menée, qui a été contestée et qui met en place aujourd’hui ce rapport dit provisoire, ne peut servir, ne peut documenter aucune procédure ni aucune action. Le gouvernement ne peut communiquer sur un rapport de cette nature fait dans les conditions que nous sommes en train d’évoquer», expose le ministre Trimua.  

Précisons qu’à ce jour, le ministre Adedzé Kodjo continue de garder le mutisme sur l’affaire. Pour quelle fin ?  

Seulement, la stratégie ne porte pas les fruits escomptés. Le plan a foiré car  l’agenda caché est mis à nu. Les sociétés Togo Negoce Petrole (TNP) et Société Togolaise d’intermédiation Pétrolière (STIP)  créées quelques semaines seulement avant le fameux dossier Petrolegate dans la presse, ont montré leurs limites car entachées d’une manière ou d’une autre. Et ce ne sont pas les membres des conseils d’administration de ces deux sociétés qui renieraient leur proximité avec le ministre-président du CSFPPP, Adédzé Kodjo.

L’autre question que nous posons est de savoir si c’est gratuitement ou abusivement que même nos confrères de L’Alternative dans une récente parution parlent de l’instauration « d’une nébuleuse » par le ministre Adédzé Kodjo ? En se basant sur des développements faits dans nos dernières parutions ?

Aujourd’hui le silence du ministre Adédzé Kodjo ne serait-il pas coupable dans une certaine mesure ?

Affaire à suivre   

 TN

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