Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo de retour au bercail

L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo a de nouveau foulé le sol natal,  après près de 10 ans passés loin  de la terre de ses aïeux. Il est arrivé hier à Abidjan en provenance  de Bruxelles. On a noté des scènes de liesse partout en Côte d’Ivoire. L’ambiance a été celle généralement réservée   à l’équipe nationale  de football au retour de de la CAN avec un trophée. Bref c’est avec joie que les ivoiriens ont accueilli leur Koudou.

Acquitté par la Cour pénale internationale en mars, Laurent Gbagbo a atterri à Abidjan le jeudi 17 juin à bord d’un vol commercial. Il réussira à regagnera la commune huppée de Cocody, en se frayant difficilement  un chemin parmi les nombreux militants de son parti le FPI et les milliers sympathisants heureux de le revoir sur le sol ivoirien.  

A l’annonce de son retour au pays, des discussions se sont déroulées entre le pouvoir en place et le comité d’organisation de son accueil.  Les deux parties se sont entendues   sur   un accueil populaire, bien que cela implique un important dispositif de sécurité. Effectivement,  il y a  eu hier un débordement de joie.  

Sur place, les autorités lui verseront  des indemnités mensuelles de 24 000 €, conformément à la loi, après avoir pris en charge ses frais de voyage et ceux de sa famille. Attendu avec impatience par ses partisans, l’ancien président doit sa popularité intacte, voire accentuée par son statut de martyr, en partie au travail minutieux des sections de son parti, le Front populaire ivoirien (FPI), qui ont entretenu la flamme auprès des militants. Mais aussi à « l’échec de la politique sociale d’Alassane Ouattara », selon son fils, Michel Gbagbo.

Bien que la majorité des Ivoiriens  débordent de joie, il y a une minorité qui grincent les dents  et    compte « mettre la pression sur l’appareil judiciaire pour que la condamnation de Gbagbo par la justice ivoirienne  soit exécutée. Pour Issiaka Diaby,  « plusieurs victimes trouvent la situation traumatisante. C’est le loup qui revient dans la bergerie ».

Selon le politologue Mory Grambouté, ce retour engendrera « forcément des frictions » liées à « l’instrumentalisation pendant les conflits : naturellement, cela crée de la haine, même auprès des personnes indifférentes à la politique. Certains se posent la question du match retour ». Revoir sur le devant de la scène politique le trio de 2010 — Gbagbo, Bédié et Ouattara — est pourtant la seule manière de réconcilier le pays selon le politologue : « La paix actuelle est négative et porte en elle les germes de sa propre destruction. » Michel Gbagbo est du même avis : « Ils nous doivent à nous tous quelque chose. Eux seuls peuvent fermer la porte qu’ils ont ouverte ».

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