Petrolegate : Le rapport provisoire d’audit commandité par le ministre Adedzé jugé non fiable

Alors que l’affaire est pendante devant les tribunaux, des voix les plus autorisées ne cessent de monter au créneau pour lever le voile sur la ténébreuse affaire de détournement de 500 milliards  savamment concoctée pour nuire à autrui, comme l’ont toujours  clamé les mis en cause.

La dernière en date est celle du porte-parole du gouvernement, le ministre des Droits de l’Homme, de la Formation à la citoyenneté et des relations avec les Institutions de la  République,  Christian Trimua, qui a pris ses distances vis-à-vis du rapport  provisoire d’audit du secteur pétrolier commandité par son collègue en charge du commerce  Kodjo Adedzé, silencieux depuis le début de l’affaire bien cuisinée.  A en croire le ministre Trimua, le rapport  provisoire d’audit « n’est pas fiable, il n’a pas été fait dans les conditions acceptables, et naturellement le gouvernement n’en tirera aucune conclusion à l’étape actuelle ». Une position qui va dans le même sens que les observations des mis en cause.  Il va sans dire que les accusations portées contre la famille Adjakly relèvent de l’imaginaire.

Faut-il soutenir que la lumière commence à jaillir dans la ténébreuse affaire de détournement de près de 500 milliards FCFA dont on accuse les Adjakly ? Tout porte à le croire dans la mesure où des ministres du gouvernement n’hésitent pas à se prononcer sur l’affaire. Et surtout à battre en breche les conclusions du fameux rapport provisoire d’audit qui ressemblent plutôt au jugement de Ponce Pilate.

En effet,  contrairement au ministre Adedzé Kodjo qui continue de se murer dans un silence sur le sujet, le ministre Trimua, en charge des droits de l’homme, lui  a librement abordé le sujet dans son passage dans une émission sur une radio locale. Selon M. Trimua, ce que certains confrères brandissent comme rapport d’audit qui, selon eux, éclabousseraient ou confirmeraient les allégations de détournement de fonds publics dans la commande du pétrole au Togo, ne serait pas fiable. « Il faut faire extrêmement attention à ne pas donner de la polémique inutile et qui amène à ces éléments de procès que nous avons avec l’accusation des personnalités et des individus sur un certain nombre d’éléments qui ne sont pas fiables. Ce rapport qui est brandi comme une preuve aujourd’hui par les uns et les autres à charge d’un certain nombre de personnalités n’est pas fiable, il n’a pas été fait dans les conditions acceptables, et naturellement le gouvernement n’en tirera aucune conclusion à l’étape actuelle », a laissé entendre le ministre Trimua.

 En décryptant ces propos, il ressort que  l’audit a été réalisé dans des conditions peu acceptables, avec des orientations suspectes. Dans une telle condition, le gouvernement ne saurait se fier à un rapport vicié, truffé d’incohérences et dirigé à dessein contre des personnes auparavant bien ciblées.

La réalité est que le gouvernement n’a pas demandé un audit mais une réconciliation des données. « Le gouvernement a traditionnellement l’habitude de commanditer ce qu’on appelle une réconciliation des données pour pouvoir rapprocher les chiffres. Donc ce n’est pas un audit, je voudrais vraiment que ça soit très clair, le gouvernement n’a pas commandé d’audit sur le secteur du pétrole. Le rapport dont on parle n’est pas un rapport qui a été commandé par le gouvernement sur l’audit du secteur du pétrole. Il a été demandé à la Direction générale du trésor, appuyée par l’Inspection générale des finances, de procéder à cette réconciliation des données qui est une opération qui se fait régulièrement, ou en tout cas périodiquement, parce que l’Etat veut connaître effectivement entre les chiffres qui sont déclarés et les chiffres qui sont tenus par les acteurs du secteur. Vous verrez que l’équipe qui a été mise en place pour cette mission ne comporte pas de spécialistes du secteur du pétrole. Si nous avions commandé un audit du secteur du pétrole, nous aurions recherché l’expertise adaptée à ce secteur du pétrole pour pouvoir le demander », explique le porte-parole du gouvernement.

Ces éclaircissements apportés par le ministre Trimua rejoignent les observations des mis en cause sur le travail des auditeurs. Comme nous l’avions souligné dans nos précédentes publication, les mis en cause s’étonnent des accusations portées contre eux. Ils sont encore plus surpris par  la légèreté qui a caractérisé le travail des auditeurs. Des carences dans l’analyse des données, des conclusions hâtives symptomatiques de la méconnaissance du secteur du pétrole ont été reprochées  aux auditeurs de  la Direction générale du trésor et de  l’Inspection générale des finances. Et voilà que le porte-parole du gouvernement en vient à douter lui aussi  de la fiabilité du rapport provisoire d’audit, les becs des pourfendeurs des Adjakly ne peuvent qu’être cloués.    

Normalement, cet éclaircissement devrait naturellement venir du ministre du commerce, Kodjo Adédzé, qui s’est senti interpellé par le tôlé suscité au sein de l’opinion  à la suite  des révélations du bihebdomadaire  l’Alternative. En sa qualité de Président du Comité de Suivi des Fluctuations des Prix des produits pétroliers (CSFPPP), le ministre Adedzé est celui à qui revenait la charge de clarification de l’affaire. Malheureusement, le ministre n’a pas jugé important de se prononcer sur le rapport provisoire d’audit qu’il a lui-même diligenté. Il est resté silencieux face à tout ce qui se dit autour de ce rapport dont il a eu la primauté de son contenu, puisque les auditeurs lui avaient déposé le fameux rapport chez lui à la maison et après des heures de service, un début de week-end.

Choix tactique ou dissimulation d’un inconfort ? A chacun d’en apprécier. Mais est-il dit que certains de  ses collègues  ministres ne semblent pas se taire et laisser l’opinion dans le flou au sujet du petrolegate.

Précédemment, c’était le ministre Gilbert Bawara qui déclarait sur la chaine New world Tv  qu’  » il n’y a rien de plus faux qu’on a voulu dénommer Pétrolegate « . Il soutenait que l’Etat n’injecte pas de sous dans la commande du pétrole ; et donc on ne saurait parler de détournement de fonds public. Il en conclut  tout comme l’avocat des mis en cause à « un fake news majuscule à la puissance giga ».   Avec la présente sortie du ministre Trimua, tout semble donner raison aux mis en cause qui estiment que  le petrolegate n’est qu’une fiction orchestrée par des mains noires pour nuire à leurs personnes.

Dossier à suivre…

TN

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