PETROLEGATE : Le silence flou du Ministre Kodjo Adedzé
L’affaire de détournement d’argent public dans la commande du pétrole par le Comité de Suivi des Fluctuations des Prix des produits pétroliers (CSFPPP), vient de connaitre un rebondissement spectaculaire, avec la sortie médiatique du Ministre Bawara sur la chaine téle New World TV. Ce sujet qui a ameuté les populations du fait de la rondelette somme de 500 milliards de FCFA prétendument empochée par les mis en cause, semble n’avoir été que du vent. Et, comme pour conforter les sceptiques du Petrolegate, le ministre Adedze se mure depuis toujours dans un silence sépulcrale sur le dossier. Il ne dit mot sur le rapport de l’audit qu’il a diligenté afin de situer l’opinion sur les allégations de détournement de l’argent du pétrole, encore moins une communication publique de sa part à propos des observations des mis en cause. Qu’est-ce que le ministre veut cacher à l’opinion, surtout qu’il est le Président du CSFPPP ?
Le Petrolegate ou l’affaire Adjakly n’en finit pas de livrer tous ses contours. Alors que les Togolais continuent de croire à cette affaire de détournement de fonds publics par les responsables du comité qui s’occupe de la commande du pétrole, les propos du ministre Gilbert Bawara sur la chaine New world Tv amènent à se raviser. Selon le ministre dans l’émission FORUM, » il n’y a rien de plus faux qu’on a voulu dénommer Pétrolegate « . Ce fut aussi le même son de cloche chez Me Sossah lors de son passage sur Africa 24. L’avocat aussi doute de la vraisemblance de cette curieuse affaire que l’opinion peine d’ailleurs à démêler. Il en conclut que » cette affaire est un fake news majuscule à la puissance giga tout ce que vous voulez ». En claire, les révélations du journal l’Alternative à l’origine de la cabale contre les sieurs Adjakly, souffrent de clarté.
De toute évidence, le petrolegate demande que les autorités en charge du commerce et des fiances éclairent la lanterne des populations sur plusieurs aspects. Car, les propos des personnages susmentionnés et les observations soulevées par les mis en cause sont d’une pertinence à balayer d’un revers de la main toute la littérature aux conclusions hâtives contenue dans le rapport de l’audit.
Avant de revenir sur le fameux rapport produit par les inspecteurs du contrôle chargés de l’audit, il y a lieu de préciser que le Gouvernement togolais n’importe pas les produits pétroliers donc qu’il ne les achète pas. Dès lors, il ne saurait exister une ligne budgétaire prévue pour l’achat desdits produits pétroliers.
Alors, parler de détournement de fonds publics, n’est pas approprié dans le secteur de la commande du pétrole au Togo.
Normalement, cet éclaircissement devrait naturellement venir du ministre du commerce, Kodjo Adédzé, qui s’est senti interpellé par le tôlé suscité au sein de l’opinion par les révélations du bihebdomadaire l’Alternative. En sa qualité de Président du Comité de Suivi des Fluctuations des Prix des produits pétroliers (CSFPPP), le ministre Adedzé est celui à qui revenait la charge de clarification de l’affaire. Mais que nenni. Le ministre s’est enfermé dans un mutisme ahurissant. Pire encore, il ne daigne se prononcer sur le rapport de l’audit qu’il a commandité, encore moins répondre aux objections soulevées par les accusés dans le dossier. La logique aurait voulu que le ministre Adedzé explique aux Togolais les conclusions de l’audit. Hélas, le ministre semble avoir perdu son latin. Il s’en suit depuis lors des interrogations au sujet de cette affaire. Le rapport de l’audit serait-il truffé d’incohérences ou l’affaire même pue la manipulation ?
A ces questions, malheureusement, personne n’aura de réponses de la part du ministre. D’ailleurs, les honorables députés qui ont voulu entendre de vive voix le ministre sur le sujet, n’ont eu droit qu’à du papier. Le ministre n’avait pas pu se présenter personnellement devant les honorables députés pour répondre à leurs questions, du moins dire ce qu’il connait de ce dossier. Il n’a fait qu’envoyer une correspondance pour s’expliquer sur les révélations du journal.
Aujourd’hui, avec du recul, le déchainement provoqué par l’affaire tend à s’estomper. Ceci d’autant que le ministre ne donne aucune suite au rapport d’audit.
Comme on le voit, il subsiste encore des zones d’ombres dans le Petrolegate. Beaucoup de contrevérités sont servies à dessein à l’opinion à propos de ce dossier.
Nous y reviendrons plus en détail.
