Rencontre Kpodzro et la diaspora africaine : L’Eternelle rengaine
L’archevêque émérite de Lomé, Mgr Kodzro, a récemment séjourné à Paris pour, dit-on, mobiliser la diaspora africaine et les institutions en Europe à se pencher sur la situation sociopolitique au Togo. Durant son séjour, le parrain du candidat malheureux Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo s’est entretenu avec la diaspora togolaise et quelques curieux, samedi dernier, à Concorde hôtel à Paris. Une rencontre qui n’a pas véritablement comblé les attentes, de par son caractère du déjà vu et déjà entendu.
Le public présent à la conférence était loin de s’imaginer
que ce serait encore la déclamation de la rengaine à laquelle ont habitué les
opposants togolais en visite en France. Malheureusement, ce fut le plat qui
leur a été encore servi. Le régime au
pouvoir au Togo n’a pas gagné les élections présidentielles passées, les
dictateurs africains envoient de l’argent au président français, la diaspora doit
se lever pour chasser les régimes autocratiques en Afrique, la France doit
cesser de se mêler des affaires internes des pays sur le continent, et surtout la nécessité de mobiliser les ressources financières pour obtenir le départ au pouvoir du régime en place en
Togo . Voilà entre autres conseils prodigués à l’auditoire. Selon Mgr
Kpodzro, la diaspora africaine a le devoir de prêter main forte à celle
togolaise pour chasser Faure du pouvoir.
Comme souligné plus haut, les ingrédients
attendus du prélat pour une réorientation stratégique de la lutte pour le
changement en Afrique et particulièrement au Togo, n’étaient pas au
rendez-vous. L’archevêque émérite de Lomé n’avait que de vieilles recettes à proposer à un public qui s’attendaient
à des stratégies innovantes susceptibles
d’apporter une nouvelle dynamique à la lutte pour l’alternance. L’archevêque a
donc voulu embarquer la diaspora dans
les chimères en lui faisant croire que son candidat pourrait être établi sur le
trône au Togo. Car on « ne vole pas Dieu ». De ce fait, il propose des actions vigoureuses, des
manifestations et autres recettes qui n’ont toujours pas permis de conclure la lutte.
Bref, recommencer les mêmes choses comme
par le passé.
Hélas, ce fut une déception.
Comment chasser les
dirigeants africains du pouvoir, dans un contexte d’élection démocratique ?
Comment réussir l’alternance quand l’opposition politique est divisée et face à
des acteurs plus intéressés par le fauteuil
présidentiel que par l’enracinement de la démocratie ? Ces réflexions importaient peu à l’orateur du jour. Son souci était d’impressionner
par les propos au vitriol dégainés contre le régime de Lomé. Malheureusement.
Ce n’est plus le genre de message auquel
s’attend la jeunesse africaine de la diaspora. Témoins des déraillements des opposants, nos compatriotes en occident veulent des discours
qui tranchent avec le radicalisme et l’éternel projet de renversement des dirigeants.
La diaspora pensent plus à aller de l’avant que de se laisser tromper par une lutte désespérée de réclamation
de l’hypothétique victoire d’Agbeyomé
Kodjo à la présidentielle 2020. Les
togolais de l’extérieur ne perde pas de vue que la présidentielle 2020 est derrière. Et donc Abgeyomé
Kodjo ferait mieux de demander au vieux prélat
de cesser de se faire des illusions et digérer la défaite.
