Orientation sexuelle et valeurs sociales : Le Togo résiste à la pression des LGBT
Très engagé à faire de la question des droits de l’homme un élément essentiel de la gouvernance démocratique, le Togo s’est volontairement prêté à une évaluation de ses efforts en matière du respect et la promotion des droits de l’homme. Mardi dernier, le pays s’est encore présenté devant le Comité des droits de l’homme des Nations Unies. Plusieurs questions étaient à l’ordre du jour, notamment les dispositions en vigueur concernant la communauté des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT). Sur ce sujet de l’homosexualité, les émissaires de la république n’ont pas hésité à faire savoir à leurs interlocuteurs le refus catégorique du Togo à reconnaître et consentir au mariage des personnes appartenant au même sexe.
Ils étaient deux ministres à présenter le 5e rapport périodique du Togo sur la mise en œuvre du ‘’Pacte international relatif aux droits civils et politiques’’, lors de la 132 ème session du Comité des droits de l’Homme des Nations Unies. Le rapport pays en question couvre la période 2011-2018. Il est élaboré de manière inclusive et participative par la commission interministérielle de rédaction des rapports et de suivi des recommandations sur les droits de l’homme.
Selon le ministre Trimua, depuis le dernier passage du Togo devant le Comité, des progrès indéniables ont été enregistrés. « Le Togo a présenté son 4è rapport périodique sur la mise en œuvre du pacte international relatif aux droits civils et politiques les 14 et 15 mars 2011. Suite à l’examen dudit rapport, le comité a proposé à notre pays de soumettre son 5è rapport périodique selon la procédure simplifiée. Conformément à cette procédure et en application de l’article 40 de la convention, le Togo présente aujourd’hui son 5è rapport », a précisé le ministre Trimua.
Il ressort de la présentation faite par la partie togolaise que des progrès ont été réalisés en matière de la non-discrimination et droits des personnes appartenant à des minorités ethniques, religieuses, linguistiques ou sexuelles. Des efforts auraient été faits également sur le volet violence à l’égard des femmes et sur les questions relative au respect des délais légaux de garde à vue. Il en est de même pour les conditions de détention et le traitement des prévenus et des détenus, la sécurité de la personne, le droit à un procès équitable, l’indépendance et l’impartialité de la justice, la liberté de religion et d’association, la liberté d’expression, l’accès à l’information et à la documentation publique.
S’agissant de la situation des personnes lgbt, le Togo n’enregistre pas de pratiques discriminatoires qui peuvent s’exercer envers eux sur le lieu de travail et dans la sphère publique ; en particulier pour ce qui est de l’accès aux soins de santé et à l’enseignement.
Toutefois, le ministre des Droits de l’Homme, de la formation à la citoyenneté et des relations avec les institutions de la République, Christian Eninam Trimua, a insisté devant le comité sur la criminalisation de l’homosexualité. Selon lui, « pour ce qui concerne les relations sexuelles entre adultes consentants du même sexe, le Togo n’envisage pas d’abroger les dispositions qui les criminalisent. Car cette orientation sexuelle n’est pas en adéquation avec les valeurs sociales togolaises ».
Voilà qui est clair pour tous. Le Togo tout comme plusieurs pays considère les relations sexuelles entre personnes consentantes du même sexe comme un crime, passible de la peine d’emprisonnement. La loi togolaise punit les actes homosexuels de trois ans d’emprisonnement et d’une amende de 100 000 à 500 000 francs CFA. Seul le mariage entre un homme et une femme est légal dans le pays.
