TOGO/ (CNAP) : Unir et l’ANC en mode distraction
Le parti au pouvoir l’Union pour la République (UNIR) et la principale force de l’opposition, l’Alliance nationale pour le changement (ANC), ont décidé de mettre un peu de l’ambiance dans le jeu politique togolais resté moins animé depuis un moment. Ces deux partis politiques se sont donc agités au cours de la semaine histoire de briser l’accalmie actuelle caractérisée par l’absence de levée de boucliers entre le pouvoir et l’opposition. Mais à y voir de près, les récriminations des uns et des autres ne présentent pas d’enjeu aussi important devant amener à ameuter autant la République. Surtout que les désaccords affichés par ces deux partis ne sont au fait que du vent. Rien d’alarmant.
Le paysage politique connait un calme depuis que la pandémie du coronavirus a poussé ses tentacules vers le Togo. Depuis donc la détection de cas de covid 19 dans le pays, des mesures restrictives furent imposées. Ce qui du coup ne permet pas aux formations politiques de l’opposition d’organiser des manifestations politiques. Dans cette atmosphère, les partis politiques animant la scène politique sont rentrés en hibernation. Même si le pouvoir a ouvert un cadre de Concertation nationale des acteurs politiques (CNAP) pour aboutir à un consensus sur les conditions d’organisation des futures élections régionales, rien ne semble faire bouger les choses. Tout est morose au plan politique et fait croire à une compromission des partis de l’opposition au sein de ce cadre de concertation, qui normalement devrait faire monter le plomb des délégués. Quand on sait que les sujets à l’ordre du jour présentent un intérêt aux yeux de l’opposition, il n’y a pas de raison que des débats houleux voire des envolées verbales n’apparaissent.
Alors, plus tout est calme au CNAP, plus l’opinion suspecte l’opposition d’être en idylle avec le pouvoir. Et l’Anc en tant que partie-prenante à la CNAP ne peut qu’’enregistrer des attaques des forces démocratiques voire même un dégraissage inquiétant de sa base militante.
Face à une telle situation, Il faut donc trouver une stratégie pour reconquérir les cœurs des partisans de l’alternance. La trouvaille a été d’afficher un « semblant » de désaccord avec le pouvoir.
Quoi de plus normal que ce désaccord porte sur le cadre de Concertation nationale des acteurs politiques.
Ainsi, dans une théâtralisation savamment mise en branle, l’ANC a fait savoir qu’il n’approuverait pas l’attitude du gouvernement qui refuse de saisir l’occasion des consultations avec les acteurs politiques pour procéder aux réformes nécessaires dans l’optique des élections transparentes. Cette position, assortie de menace de boycott des travaux, a été notifiée par courrier au ministre de l’administration territoriale.
Et comme pour entretenir l’ambiance, le parti au pouvoir n’a pas tardé à rentrer lui aussi en scène pour donner du crédit à la posture revendicatrice de son opposition de tout le temps. Le parti de Faure Gnassingbé est monté au créneau en faisant part de sa préoccupation au sujet du boycott des discussions par « un parti politique associé aux discussions politiques dès la mise sur pied de la CNAP ». Pour Unir, les discussions en cours dans le cadre du CNAP devraient aboutir à des règles consensuelles pour l’organisation des prochaines élections régionales. Ce qui fait qu’il s’étonne de la sortie médiatique du courant dominant de l’opposition qui ne « semble pas de bon augure pour la poursuite harmonieuse des concertations qui étaient pourtant bien engagées et semblaient devoir permettre aux parties prenantes d’entériner des avancées salutaires ».
A Unir, on reste persuadé que « les conditions sont créées pour permettre aux acteurs de contribuer sereinement à la consolidation de la démocratie participative ».
Quelque jours avant la sortie médiatique du camp pouvoir, un haut responsable de l’ANC s’était donné à cœur joie, lors d’une émission sur une radio de la place, dans une opération de clarification de la position du parti au sujet du cadre de discussion. Selon les précisions apportées, il n’a jamais été question pour le ‘’parti orange’’ de claquer la porte de la CNAP. Voilà qui dit tout.
On peut alors aisément comprendre que les dénonciations tout feu tout flamme enregistrées de la part des deux partis politiques Unir et l’ANC n’ont rien d’alarmant. D’ailleurs, si désaccords il y avait, ce n’est pas après avoir participé à plusieurs séances que l’ANC va crier au diable. Tout est bon en politique pour attirer la sympathie, même avec une mise en scène de conflits.
