PETROLEGATE : Ce dossier est un dopage médiatique, selon Me Eric Sossa

L’actualité judiciaire sera marquée, dans les jours à venir, par l’épilogue du Petrolegate. Ce dossier qui oppose le confrère l’Alternative à la famille Adjakly, reviendra donc  au goût du jour, cette fois-ci  au deuxième degré de la justice. Si du côté du journal  à l’origine des révélations de détournement  on espère se tirer d’affaire, dans le camp  des mis en cause  on estime que ce sera  peine perdue pour Ferdinand Ayité et son journal. Car le conseil des accusés soutient toujours qu’il n’y a rien de sérieux dans les révélations du journal l’Alternative. En tout cas,  Me Sossah est formel : «  dans cette affaire,  il  n’y a pas eu la trace d’un seul détournement, même d’un centime  au détriment de l’Etat togolais ».

Après le jugement de l’affaire au tribunal de première instance de Lomé, dont le verdict a reconnu le confrère l’Alternative coupable de diffamation,  le Conseil du confrère avait  interjeté appel en portant le dossier au niveau de la Cour d’appel. Dans l’entendement du confrère, le débat sera rouvert en appel où ce ne sera plus un juge unique mais  trois juges  qui vont prendre à bras le corps le dossier. L’espoir du confrère et ses avocats repose désormais sur l’éventualité pour la Cour d’Appel de questionner de « supposées » zones d’ombres dans le dossier. Mais on se demande s’il y a encore des éléments sérieux que le conseil du journal pourra faire valoir pour amener les juges de la Cour d’Appel à reconsidérer la décision du tribunal de première instance ? Au même moment, la famille Adjakly se dit très sereine. Car, le journal n’a pas été capable d’apporter des éléments de preuve à ses  allégations de détournements de deniers publics en première instance. Les pétroliers auraient donc  la conscience tranquille et ne se reprocheraient de rien. Pour eux, tout le tintamarre orchestré par le journal dans ce dossier ne reposerait que sur des affirmations sans fondements.

Depuis le début de cette affaire de révélations de détournement de centaines de milliards par la famille Adjakly dans les opérations de commande du pétrole, Me Sossah est abondamment monté au créneau pour apporter des éclairages sur ce dossier pour lequel le journal accusateur peine encore à apporter les preuves de ce qu’il a avancé.  L’avocat  insistait sur le fait que les graves accusations contenues dans le journal manquaient de  preuves. Pour lui, il s’agissait « d’un dopage médiatique ».

Il nous souvient que dans son intervention sur la chaine télé Africa 24, Me Sossah avait taxé l’affaire  de «  fake news majuscule à la puissance giga tout ce que vous voulez ». Ceci parce que « le dossier est construit d’une façon scandaleuse, avec des affirmations elles-mêmes suffisamment choquantes pour  s’attaquer violemment à un homme », avait insisté  l’avocat. Me Eric Sossa demandait même à tous ceux qui voulaient connaitre la vérité de se rapprocher de  VITOL  pour vérifier voir si ses  clients   détiennent  l’once d’une action.

C’est aussi le même avis  qu’avait émis le député Sena Alipui sur le sujet. « Je ne vois rien de sérieux, rien de tangible, rien de documenter … je vois plutôt un règlement de compte », avait indiqué le député de l’UFC  Séna Alipui. C’est finalement au niveau du Tribunal que les faits ont finalement donné raison à la famille Adjakly, diffamée  à dessein dans cette affaire.

Faut-il le souligner, les mis en cause dans ce dossier ont toujours fait observé que la commande du pétrole ne se fait pas  dans la légèreté. C’est un domaine qui suit une procédure stricte. Et donc les acteurs ne pourraient se permettre certaines latitudes.

Aussi, n’existe-t-il  pas de ligne budgétaire consacrée à la commande des produits pétroliers. Alors parler de détournement des deniers publics, serait une pure divagation de la part de ceux qui le soutiennent. D’ailleurs, le ministre Gilbert Bawara, un officiel du pays, l’a clairement signifié dans une émission sur une chaine télé  de la place il y a quelques semaines.  » Il n’y a rien de plus faux qu’on a voulu dénommer Pétrolegate« , avait déclaré le ministre.

Les propos du ministre ne pouvaient qu’amener à prendre du recul face à ce dossier pour plusieurs raisons. D’abord, le ministre est dans le cercle décisionnel du pays. Si l’Etat mettait de l’argent public dans la commande du pétrole, il le saurait. Ensuite, dans les lois de finances, il n’est nulle part mentionné une ligne concernant la commande des produits pétroliers.

Selon Me Sossa, Francis Adjakly boucle près de 25 ans au sein du CSFPPP. Ce dernier a donc vu passer plusieurs premiers ministres et ministres de commerce. Aucun d’eux n’a eu à le récuser. C’est une preuve que ses prestations  sont à la hauteur des exigences du pays.

Voilà autant d’éléments qui boutent en touche ce que l’opinion a considéré comme étant un détournement de fonds grandeur nature commis par la famille Adjakly au préjudice de l’Etat.

 Vivement que la famille Adjakly soit lavée de cette souillure que des individus « envieux », « véreux » et en mission bien commandée ont voulu lui coller.

Pour rappel, le CSFPPP  est un organisme rattaché au ministère. Selon son organigramme, on y retrouve un organe politique, celui technique et  un secrétariat. Il est présidé par le ministre du commerce, la vice-présidence assurée par le ministre des finances, et le ministre de l’Energie et des mines qui est membre en même temps qu’un représentant du premier ministre, c’est l’organe politique.

 L’organe technique est composé  des représentants du ministère du commerce,  de celui des finances,  de celui des Mines, des  groupements des pétroliers, des syndicats et des membres de la société civile, puis  vient le secrétariat du CSFPPP qui est dirigé par un coordonnateur qui dispose d’une autonomie totale. Les membres du CSFPPP sont recrutés sur la base de leurs connaissances en la  matière.

Précisons également que le Coordonnateur du CSFPPP n’a pas droit de signature sur les comptes de la structure. La seule signature bien autorisée est celle et unique du Ministre en charge du Commerce. Et dans le cas d’espèce, aujourd’hui, c’est le Ministre Adedze Kodjo qui signe tout seul les chèques et ordonne toutes les dépenses.

A suivre…

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